Une rénovation laisse souvent une canalisation en cuivre là où il faut repartir en PER, sans possibilité d’utiliser un chalumeau. Le raccord cuivre-PER sans soudure répond à ce cas précis, à condition de choisir une pièce compatible avec les deux tubes et de respecter chaque étape de pose. Je détaille ici les solutions disponibles, leurs limites, les erreurs fréquentes et le budget à prévoir.
Le choix du raccord dépend surtout de la pose et de l’accessibilité
- Compression : solution simple, démontable et adaptée aux raccords accessibles.
- Sertissage : assemblage durable, particulièrement pertinent pour une pose encastrée.
- Raccord automatique : très rapide, mais uniquement si le fabricant autorise son usage avec le cuivre et le PER concernés.
- Insert obligatoire : le tube PER doit généralement recevoir une douille de soutien avant le serrage ou le sertissage.
- Vérification indispensable : diamètre, matériau, profil de sertissage et usage sanitaire ou chauffage doivent correspondre.
Les raccords qui relient vraiment le cuivre et le PER sans brasage
Le principe est simple : le cuivre et le PER ne se raccordent pas de la même façon. Le premier est rigide et se travaille par coupe, ébavurage ou sertissage. Le second est souple et doit être maintenu par un insert interne, une bague ou une douille prévue par le fabricant.
Le raccord à compression
Le raccord à compression, souvent appelé raccord à olive ou bicône, utilise un écrou et une bague qui se comprime autour du tube. Il existe des modèles spécialement conçus pour relier un tube cuivre à un tube PER, avec une partie adaptée à chaque matériau.
C’est la solution que je privilégie pour une réparation ou une modification située sous un évier, derrière un meuble ou dans un coffrage facilement démontable. Elle se pose avec des clés, reste généralement démontable et ne demande pas de sertisseuse. En revanche, je déconseille de la cacher définitivement dans un mur ou une dalle.
Le raccord à sertir mixte
Le raccord à sertir déforme une bague autour du tube afin de créer une liaison permanente. Certains modèles sont conçus pour associer du PER et du cuivre avec une opération de sertissage, mais il faut vérifier que les deux côtés sont bien prévus pour une pose sans soudure.
La confusion est fréquente dans les rayons de plomberie. Un raccord indiqué « PER à sertir et cuivre à souder » ne convient pas à votre projet, puisqu’il impose encore une brasure côté cuivre. Pour une jonction entièrement sans flamme, il faut un modèle spécifiquement présenté comme raccord passerelle ou raccord mixte à sertir cuivre-PER.
Le raccord automatique ou à emboîtement
Le raccord automatique s’installe en enfonçant le tube jusqu’à la butée. Des griffes retiennent le tube et un joint torique assure l’étanchéité. Cette technologie est pratique lorsque l’accès est difficile ou lorsque l’intervention doit être rapide.
Je reste toutefois plus prudent avec ces modèles pour une installation durable. La compatibilité avec le diamètre extérieur du cuivre, le type de PER et la température de service doit être explicitement indiquée. Un raccord automatique prévu pour du cuivre ou du multicouche n’est pas forcément adapté au PER.
Le raccord à glissement
Le raccord à glissement est courant sur les installations en PER. Une bague est glissée sur le tube, puis le tube est dilaté ou emmanché sur le raccord avant que la bague ne soit ramenée en position. Cette technique est fiable dans son domaine, mais beaucoup de raccords de transition possèdent encore une extrémité cuivre à souder.
Il ne faut donc pas retenir un raccord à glissement uniquement parce qu’il contient le mot PER dans sa description. Pour supprimer totalement le brasage, recherchez une pièce dont l’extrémité cuivre est mécanique, automatique ou à sertir.
Quel système choisir selon votre chantier
Le meilleur raccord n’est pas forcément le plus rapide à poser. Je regarde d’abord si la jonction restera accessible, si elle sera soumise à des variations de température et si le réseau doit être dissimulé dans une cloison.

| Technologie | Outillage | Usage conseillé | Limite principale |
|---|---|---|---|
| Compression | Deux clés ou clés plates | Réparation, rénovation, raccord accessible | À laisser contrôlable et à resserrer avec mesure |
| Sertissage mixte | Sertisseuse et mâchoire adaptée | Réseau durable, cloison ou coffrage prévu pour la technique | Raccord et profil de mâchoire impérativement compatibles |
| Automatique | Coupe-tube, ébavureur, jauge de profondeur | Intervention rapide et accès réduit | Compatibilité PER-cuivre à vérifier au cas par cas |
| À glissement | Pince à évaser ou à emmancher | Réseaux PER et installations conçues pour ce système | Le côté cuivre est souvent prévu pour être soudé |
Pour un raccord sous un lavabo, une cuisine ou un radiateur, la compression est souvent suffisante. Pour une canalisation qui disparaît dans une cloison, je préfère un système à sertir bénéficiant d’une documentation claire et d’une mise en œuvre conforme au système complet.
Le diamètre doit être relevé sur le tube, pas deviné à partir du filetage du robinet. Un cuivre de 12 ou 14 mm et un PER de 12 ou 16 mm ne sont pas interchangeables simplement parce que leurs écrous semblent proches. Le raccord doit correspondre au diamètre extérieur réel de chaque tube.
Comment poser une jonction cuivre-PER sans fuite
Avant toute chose, je ferme l’arrivée d’eau, j’ouvre un robinet situé plus bas et je laisse la canalisation se vider. Une petite quantité d’eau résiduelle suffit à gêner le sertissage ou à salir un joint torique.
Préparer les tubes
- Mesurez séparément le diamètre extérieur du cuivre et celui du PER.
- Coupez les tubes bien perpendiculairement avec un coupe-tube ou une pince adaptée.
- Ébavurez le cuivre à l’intérieur et à l’extérieur sans réduire son diamètre.
- Vérifiez que le PER n’est ni écrasé, ni entaillé, ni marqué par une ancienne pince.
- Redressez les derniers centimètres du PER afin qu’ils entrent parfaitement dans le raccord.
Une coupe légèrement en biais peut sembler anodine, mais elle réduit la surface de contact et force le joint à travailler de travers. C’est une cause classique de suintement quelques heures après la remise en eau.
Pour un raccord à compression
Sur le côté cuivre, placez l’écrou puis la bague de compression selon l’ordre indiqué par la notice. Sur le côté PER, installez la douille de soutien obligatoire lorsqu’elle est prévue, puis enfoncez le tube jusqu’à la butée du raccord.
Serrez d’abord à la main, puis avec les clés. Le serrage doit être ferme, mais il ne faut pas écraser le tube en cherchant à bloquer l’écrou à tout prix. N’ajoutez pas de ruban d’étanchéité sur une olive ou sur un joint qui assure déjà l’étanchéité par compression.
Pour un raccord à sertir
Enfoncez le PER jusqu’au repère ou jusqu’à la butée visible. Positionnez ensuite la mâchoire exactement comme l’indique le fabricant. Le profil de sertissage, souvent identifié par une lettre ou une référence, n’est pas universel.
Après l’opération, vérifiez la marque laissée par la mâchoire et assurez-vous que le tube n’a pas reculé. Les raccords équipés d’une fenêtre de contrôle facilitent cette vérification. Une sertisseuse mal réglée ou une mâchoire inadaptée peut produire un raccord qui paraît correct tout en restant peu fiable.
Effectuer le contrôle final
Avant de refermer un coffrage, remettez doucement le réseau en pression. Inspectez chaque liaison avec un papier absorbant, puis laissez l’installation sous pression suffisamment longtemps pour repérer un suintement lent.
Je contrôle aussi les tubes pendant l’ouverture des robinets. Une fuite ne se manifeste pas toujours au premier regard : elle peut apparaître uniquement lorsque le débit provoque une vibration ou lorsque l’eau chaude fait travailler les matériaux.
Peut-on encastrer ce type de raccord
La réponse dépend de la technologie et de la documentation du fabricant. Dans la pratique, les raccords à compression sont destinés à rester accessibles pour inspection et maintenance. Les raccords à sertir peuvent être intégrés dans certaines installations encastrées, à condition que le système complet l’autorise et que la pose respecte les prescriptions applicables.
Le NF DTU 60.1 constitue une référence française pour les réseaux intérieurs d’eau chaude et d’eau froide sanitaires. Il ne suffit pas de choisir une pièce qui semble mécaniquement compatible : il faut aussi vérifier son domaine d’emploi, ses limites de pression et de température, ainsi que son éventuelle certification pour l’eau potable.
Pour l’eau froide et l’eau chaude sanitaire
Choisissez un raccord marqué pour l’eau potable et compatible avec la température du réseau. Le laiton, les joints et les traitements de surface doivent être prévus pour cet usage. Pour l’eau chaude, la tenue à la température compte autant que le diamètre.
Pour le chauffage
Les contraintes diffèrent légèrement, car le circuit peut fonctionner avec des températures et des cycles thermiques importants. Un raccord convenant à l’eau froide n’est pas automatiquement adapté à un circuit de chauffage. Vérifiez la pression et la température maximales annoncées par le fabricant.
Pour une installation cachée
Évitez les raccords démontables dans les endroits impossibles à atteindre. Si une jonction doit être dissimulée, utilisez un système reconnu pour cette configuration et protégez les tubes contre les frottements, les chocs et les mouvements liés à la dilatation.
Ces raccords ne doivent pas être assimilés à des raccords pour gaz. Une installation gaz obéit à des règles spécifiques et exige des composants autorisés pour cet usage. Pour une conduite gaz, je recommande de confier le choix et la pose à un professionnel qualifié.
Les erreurs qui provoquent le plus souvent une fuite
- Confondre le diamètre nominal et le diamètre extérieur du tube.
- Utiliser une bague ou une douille prévue pour un autre type de PER.
- Oublier l’insert de soutien dans le tube PER.
- Insérer un tube mal coupé, éraflé ou insuffisamment enfoncé.
- Employer une mâchoire de sertissage qui ne correspond pas au raccord.
- Ajouter du téflon sur une liaison à olive déjà conçue pour être étanche par compression.
- Plier le tube juste contre le raccord et créer une contrainte permanente.
- Refermer une cloison sans réaliser d’essai d’étanchéité.
Le serrage excessif est probablement l’erreur que je rencontre le plus souvent chez les bricoleurs. Il ne compense ni un mauvais diamètre ni un tube mal préparé. Si une liaison fuit malgré un serrage raisonnable, il vaut mieux la démonter, recouper proprement le tube et remplacer la bague ou le raccord plutôt que forcer davantage.
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Quel budget prévoir
Pour un raccord mixte à compression courant, comptez généralement 5 à 15 €. Les modèles automatiques et les pièces de marque se situent souvent entre 8 et 25 €, tandis qu’un raccord passerelle à sertir peut atteindre 30 € selon le diamètre et la technologie.
La sertisseuse représente le principal coût supplémentaire. Pour quelques raccords, la location à la journée est souvent plus rationnelle que l’achat. Selon l’outil, le profil et le magasin, il faut prévoir environ 30 à 80 € de location, avec parfois une caution.
Un raccord à compression sera donc souvent moins cher au départ. Mais pour une série de raccordements ou une pose encastrée, le sertissage offre une solution plus propre et plus durable, à condition d’utiliser le bon matériel.
Le bon raccord se choisit avant la coupe du tube
Pour relier du cuivre et du PER sans brasage, je retiens une règle simple : identifier les deux diamètres, choisir un système complet et vérifier son domaine d’emploi. La compression convient aux raccords accessibles, tandis que le sertissage est généralement plus adapté aux installations durables ou dissimulées.
Ne vous fiez pas uniquement à une photo ou à la mention « compatible PER ». Lisez la fiche du produit, vérifiez que le côté cuivre ne demande pas de soudure, préparez soigneusement les tubes et testez le réseau avant toute finition. Ces quelques contrôles prennent moins de temps qu’une fuite derrière une cloison.